Batty a écrit:Apollon a écrit:Kissinger n est pas parfait et en particulier dans cette histoire de bombardements il s'est planté. Sauf qu'il ne faut pas le charger de torts imaginaires. C'est certainement Nixon qui a voulu ces bombardements, qui d'ailleurs avaient lieu avant sa présidence. Et il s'agissait d'attaquer les bases arrieres du vietnam nord et pas les civils. Il faut aussi avoir en tete l'importance de l'illusion de la puissance militaire et la croyance conséquente qu'un accroissement de l'effort se traduit par des victoires et non par du gaspillage et des pertes civiles.
Nixon a peut-être décidé d'intensifier les bombardements du Laos et du Cambodge (encore que le rôle de Kissinger ne soit pas clair dans cette décision) mais c'est Kissinger qui a supervisé leur organisation.
C'est manifestement l'armée elle-même qui supervisait.
Batty a écrit:Les usa étaient avant tout en train de répliquer à ceux qui les attaquaient de derrière les frontières camdogiennes. Je ne crois pas que le droit de la guerre interdise de répliquer contre celui qui se cache chez une personne neutre: Et en l'espèce le cambodge ne voulait pas de ces armées vietnamiennes qui violaient sa neutralité.
Personne n'aime être bombardé non plus, remarque.
Que faire quand l'ennemi place ses bases le long de la frontière d"un pays neutre ?
Batty a écrit:En tout cas, rien à voir avec le néoconservatisme.
Il est vrai que les néo-conservateurs ne "s'illusionnent pas du tout avec la puissance militaire". La preuve : ils préfèrent bombarder les civils avec des fleurs et des chocolats.
Ce ne sont pas Kissinger et Nixon qui ont voulu cette guerre.
Batty a écrit:(et sur le bombardement, l'affirmation de SCM est banale. Un bombardement ne change jamais l'issue d'une guerre mais il est fréquement l'expression de la puissance de celui qui va gagner. Parfois la guerre se résume aux bombardements comme en Serbie récemment ; et pour Genes sous Louis XIV. Et dans le cas de l'invasion nord-vietnamienne; HK peut avoir raison; en sachant que le nord vietnam; puissant en guerilla et dans l'intérieur, était moins bon en conventionnel et dans les territoires non controlés)
Si les nord-vietnamiens avaient évalué courir un risque de perdre la guerre à cause de bombardements massifs, ils ne seraient pas déployés en formations bien alignées. Donc l'affirmation de Kissinger a tout de la recherche d'une excuse pour contourner sa propre responsabilité. J'ajoute qu'il est parfaitement cynique de se cacher derrière la démocratie et l'opinion publique. Si on pense que la démocratie et l'opinion publiques sont des obstacles à la victoire, ou bien on refuse de travailler pour un élu ou bien on convainc son patron d'arrêter de faire la guerre. "M. le Président, je pense que votre décision est mauvaise et je démissionne" aurait été une réponse très convenable à la demande de Nixon.
Si les nord-vietnamiens ont attaqué en prenant une configuration qui les exposait à des bombardements c'est parce qu'ils pensaient improbables des bombardements américains; ou plus prosaïquement qu'ils ne savaient pas lancer l'assaut décisif autrement. ne pas exclure non plus le besoin d'une victoire conventionnelle pour clore l'affaire. (en vain; la guerre se poursuivra contre la Chine)
Sur ton 2e point : si, on peut parfaitement estimer que l'opinion publique est un problème et en vérité cela est vrai non seulement pour la conduite efficace d'une guerre mais que ça l'est encore pour une justice neutre et un fonctionnement correct des institutions. La démocratie, toujours indirecte, n'est pas le règne de l'opinion publique. Celle-ci est toujours médiatisée - heureusement.
