Apollon a écrit: Merci pour ta correction, j'ai commis une erreur. Néanmoins d'après ce passage, il apparait simplement que Friedman a conseillé non pas tant d'abolir l'étalon-or mais la modalité d'une abolition qui devenait nécessaire : agir de façon délibérée plutôt qu'attendre le moment d'être forcé.
Oui, enfin l'opposition de Friedman à l'étalon-or était plus ancienne. J'ai retrouvé cet article, entre autres :
http://joecobb.com/real-and-pseudo-gold-standards/Et c'est d'ailleurs évident puisque Friedman considérait qu'il fallait ouvrir en grand les vannes monétaires en cas de crise.
Je ne suis pas d'accord sur ton équivalence Keynes/Friedman.
Ca tombe bien vu que je ne me souviens pas avoir écrit quelque chose qui ressemble à cela. Evidemment Keynes et Friedman étaient complètement opposés sur certains sujets mais, si l'on s'en tient à l'essentiel de leurs contributions respectives à la politique économique, force est de constater qu'il s'agit, dans un cas comme dans l'autre, de donner les moyens à l'état de relancer l'économie pour sortir de la crise. A part au Chili peut-être, on ne peut pas dire que Friedman ait eu une influence décisive en matière de libéralisation. Pas sur Nixon en tout cas. Sur Reagan, c'est plus discutable mais, comme tu le sais, je pense que Reagan était un bon acteur libéral et que la réussite de sa politique tient plus aux déficits et aux finances qu'à son libéralisme.
Les prescriptions de Friedman sont beaucoup plus hostiles à l'intervention de l'Etat, car l'action de celui-ci se paie en inflation. Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Que Reagan ait eu une politique inflationniste montrerait plutôt que Friedman n'avait pas tant que ça d'influence et que d'autres idéaux guidaient le président US, à commencer par la défaite du communisme.
Je ne me souviens pas que Reagan ait eu une politique inflationniste, à moins que tu appelles ainsi la propension au déficit et à l'augmentation des dépenses. En fait, Paul Volcker éradiqua l'inflation et Reagan le confirma à la Fed en 1983.
Concernant cette histoire de shah, je dois préciser que Kissinger critique ici l'idéalisme intransigeant, la croyance dans le caractère naturel en la démocratie libérale.
Les démocrates voulurent la peau du shah. Ils supposaient qu'un régime plus conforme à leurs espérances prendrait la place du shah. Ils ont réussi à renverser le régime. Ils ont eu la révolution islamique. Lire à ce sujet l'édifiant - involontairement - Persépolis de Mariane Satrapi. [...]
Si j'étais de mauvaise foi, je dirais que tu vas trop loin en faisant des démocrates les artisans de la chute du Shah. Car s'il est vrai que le régime du Shah ne tenait plus qu'au soutien américain, les démocrates se sont contentés de couper les perfusions. Je vois dans ta position une certaine intoxication par la propagande républicaine, qui a fait de Carter sa tête de Turc.
J'ai effectivement déjà écrit tout le mal de ce que je pense de cet article. En repassant dessus rapidement, je vois que l'accusation de reprise par Kissinger du thème de l"'islamofascisme" est artificielle et montre que l'auteur ne comprend pas la doctrine de celui qu'il dénonce (ce que révèle aussi entre autre l'affirmation d'un rapprochement de HK et des néocons, ou la croyance que HK agirait en douce pour Israel). C'est loin d'être les seuls vices rédhibitoires de cet article.
Pas surprenant que tu aies mal compris cet article, si tu as mal compris le mien. Giraldi ne dit nullement que Kissinger "reprend" les thèmes néo-conservateurs. Il démontre que les intérêts et les concepts de Kissinger sont proches de ceux des néo-conservateurs et que cette convergence les a conduits à s'entendre, dans le bureau de Dick Cheney. Il faut pour cela admettre que Cheney est un néo-conservateur, alors qu'il fut conservateur dès le début de sa carrière. Cela me paraît une extension de langage raisonnable.
I've seen things you people wouldn't believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhauser gate. All those moments will be lost in time... like tears in rain... Time to die.