les anglo-saxons et la liberté

Regardons dans le rétroviseur

Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar ordre naturel sur 22 Oct 2009, 17:17

Harald a écrit:Il y a des centaines de rues Robespierre en France, autant de rues Lazare Hoche, le fameux pacificateur de l'ouest, pour ne citer qu'eux. Il est illusoire de penser que la révolution est majoritairement pensée autrement qu'un bloc en France. Ce sont plutôt les élites qui essaient, gênés, de faire le distingo. Le reste, le bon peuple comme les salaud assume parfaitement les saloperies qui ont été commises. Après tout on n'a fait que s'en prendre à des salauds d'aristocrates bourrés de fric, de cet argent extorqué au peuple, profitant de privilèges provenant de leur naissance. Il y a un imaginaire glauque bien réel.


Certes, conventionnellement on doit défendre toute la révolution. Mais la critique de la terreur peut encore passer dans certain milieux, en revanche absolument pas la critique de 1789.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Cathostrophiste sur 22 Oct 2009, 19:52

ordre naturel a écrit:
melodius a écrit:Wilkommen, ON !

Pour répondre à ton post, je me contenterai dans un premier temps de souligner que le 18ème est passé depuis longtemps... Ce dont je parle, c'est de la deuxième moitié du 20ème et de ce début de 21ème.


Dans ce cas la France est elle mieux.


Le problème ne se pose pas ainsi. Il est de bon ton, aussi bien chez les libéraux que chez les conservateurs mainstream au demeurant, de se gausser de la France et de ne pas tarir d'éloges envers le monde anglo-saxon. Or cette image flatteuse ne repose que sur son passé, du reste passablement mythifié.
La politique systématique moderne, qu'elle soit libérale, conservatrice, radicale ou socialiste, doit être rejetée d'un point de vue qui fait réellement allégeance à la tradition des vertus, car la politique moderne elle-même exprime sous ses formes institutionnelles un rejet systématique de cette tradition. (Alasdair McIntyre)
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Harald sur 22 Oct 2009, 20:05

Ronnie Hayek a écrit:
ordre naturel a écrit:
melodius a écrit:Wilkommen, ON !

Pour répondre à ton post, je me contenterai dans un premier temps de souligner que le 18ème est passé depuis longtemps... Ce dont je parle, c'est de la deuxième moitié du 20ème et de ce début de 21ème.


Dans ce cas la France est elle mieux.


Le problème ne se pose pas ainsi. Il est de bon ton, aussi bien chez les libéraux que chez les conservateurs mainstream au demeurant, de se gausser de la France et de ne pas tarir d'éloges envers le monde anglo-saxon. Or cette image flatteuse ne repose que sur son passé, du reste passablement mythifié.

Tout à fait, mais pas pour longtemps. Nous avons la désagréable habitude de copier ce qui se fait de pire chez nos amis anglo-saxons, y compris et surtout pour tout ce qui touche à la sécurité. Frenchelon, vidéo-surveillance, adoption de la technologie biométrique pour les papiers d'identité, etc. Et le résultat sera certainement pire qu'aux US.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Abominable NH sur 23 Oct 2009, 01:40

Harald a écrit:
Ronnie Hayek a écrit:Le problème ne se pose pas ainsi. Il est de bon ton, aussi bien chez les libéraux que chez les conservateurs mainstream au demeurant, de se gausser de la France et de ne pas tarir d'éloges envers le monde anglo-saxon. Or cette image flatteuse ne repose que sur son passé, du reste passablement mythifié.

Tout à fait, mais pas pour longtemps. Nous avons la désagréable habitude de copier ce qui se fait de pire chez nos amis anglo-saxons, y compris et surtout pour tout ce qui touche à la sécurité. Frenchelon, vidéo-surveillance, adoption de la technologie biométrique pour les papiers d'identité, etc. Et le résultat sera certainement pire qu'aux US.


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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Apollon sur 08 Fév 2010, 23:40

Au cas où certains seraient intéressés, je me suis fendu d'un article qui traite indirectement de la liberté et du progressisme chez nos cousins d'outre-Atlantique en s'intéressant au déboulonnage de Kissinger et Friedman qui signale à mon avis le retour aux tendances profondes de ce pays en économie et en diplomatie.

Deux trouble-fêtes : Henry Kissinger, Milton Friedman, ici : http://hyperboree-apollon.blogspot.com/2010/02/deux-trouble-fetes-henry-kissinger.html.
Religion, moralité, législation, économie, politique, administration, tout ceci semble être devenu un bien commun et accessible à n'importe qui. La science apparait intuitive, l'expérience n'a pas de valeur pour le présomptueux ; la foi ne signifie rien pour lui... les lois n'ont pas de valeur pour lui ... La puissance réside en lui-même... Cela qui était approprié pour un âge de faiblesse n'est plus adéquat à celui de la raison... [Ceci] tend vers un ordre des choses qui [atomise] la société. Metternich
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Cathostrophiste sur 09 Fév 2010, 00:09

Milton Friedman n'était certainement pas un trouble-fête, mais un illusionniste (talentueux, assurément) - tout comme Kissinger, qui gardera à tort une image de réaliste. Ce sont surtout des théoriciens en chambre qui n'avaient que peu de goût pour les conséquences de leurs idées sur les plus faibles.

Bien écrit, ton papier, comme d'habitude, mais c'est un article qui aurait été jugé pertinent - pour certaines raisons circonstancielles - il y a vingt ans, sans doute...
La politique systématique moderne, qu'elle soit libérale, conservatrice, radicale ou socialiste, doit être rejetée d'un point de vue qui fait réellement allégeance à la tradition des vertus, car la politique moderne elle-même exprime sous ses formes institutionnelles un rejet systématique de cette tradition. (Alasdair McIntyre)
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Saucer Fly sur 09 Fév 2010, 08:56

Apollon dans le désert.
Mange une glace,
Sans en avoir l'air.

Apollon à Bethléem.
Te presse pas,
C'est pas la peine.

Apollon près du Danube.
En grosse écharpe,
Se pèle les burnes.

Waaaaaaww

*riff de taré*

Prends garde à toi, monde !
Prends garde à toi, monde !

Apollon prend des tofs autour de toi !
Apollon prend des tofs autour de toi !

Wooooh prends garde à toi, monde !

*riff de taré*
Il vaut mieux se tromper tout seul que d'avoir raison avec les autres.
(Le poète anarchiste)

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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar xxc sur 09 Fév 2010, 09:39

:D

Quelle pêche de bon matin !
« N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure. Faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances, le reste vous sera donné de surcroît. »
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Ash sur 09 Fév 2010, 16:12

Apollon a écrit:Au cas où certains seraient intéressés, je me suis fendu d'un article qui traite indirectement de la liberté et du progressisme chez nos cousins d'outre-Atlantique en s'intéressant au déboulonnage de Kissinger et Friedman qui signale à mon avis le retour aux tendances profondes de ce pays en économie et en diplomatie.

Deux trouble-fêtes : Henry Kissinger, Milton Friedman, ici : http://hyperboree-apollon.blogspot.com/2010/02/deux-trouble-fetes-henry-kissinger.html.

Tu parles de la rupture des ruptures de Friedman et Kissinger, mais tu n'étayes que celle de ce dernier. En quoi il y a-t-il rupture avec les idées de Friedman ? Tu t'appuies seulement sur la conclusion comme quoi l'état est plus interventionniste mais nullement qu'on ait renié son héritage. Tu écris toi-même :

De Woodrow Wilson à George W Bush en passant par Kennedy, les Etats-Unis sont les hérauts du progressisme, du libéralisme et de la démocratie.

Les banques centrales, la politique monétaire actuelle, les traités de libre-échange, c'est du Friedman. Pas du Von Mises.
Découragés par la vie chère et dévalorisés par la pilule, la vertu et la fidélité ne se rencontrent plus que chez les transfuges du trottoir. Ces femmes là n'ambitionnent plus qu'une seule position sociale, ayant épuisé toutes les autres. Marie-toi, tu ne seras jamais cocu !
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Batty sur 09 Fév 2010, 20:42

Je partage l'avis de Cathostrophiste sur l'illusionisme de Friedman et j'en profite pour relever une petite erreur d'Apollon : c'est Friedman qui conseilla à Nixon de couper les derniers liens entre le dollar et l'or, comme le relate son ami George Shultz :

http://online.wsj.com/public/article/SB ... in_tff_top

George Shultz, a longtime friend of Mr. Friedman who served in both the Nixon and Reagan administrations, says that after Mr. Nixon was elected in 1968 but before he took office, Mr. Friedman wrote to him saying that "pressures on the tie of the dollar to gold are relentless" and that Mr. Nixon would be wise to sever the link immediately as an affirmative action, rather than be forced to. Mr. Friedman "turned out to be right," but Nixon didn't listen "until he was forced to," Mr. Schultz says.


Cet assaut de Friedman contre l'étalon-or s'explique par son regret que les Etats-Unis ne puissent pas se permettre une politique monétaire accommodante, emprunter à leur aise ou baisser les impôts. Friedman était d'avis que les vannes monétaires insuffisamment ouvertes étaient responsables de la grande dépression des années 30. A rebours de Keynes, sa grande idée était que le contrôle des taux d'intérêt et de la masse monétaire suffit à la puissance publique pour éviter ou sortir des crises. En simplifiant, Friedman propose de remplacer la dépense et les déficits à la Keynes par la baisse des taux d'intérêt à la Greenspan.

Avec cette idée-force, Friedman a également influencé la politique économique de Reagan, qui était encore plus sensible à ses idées que Nixon. Le résultat est connu: déficits publics, baisse des impôts, croissance dopée aux produits financiers, dérèglementation... Certains de ces résultats, je pense en particulier au dernier cité, ne sont pas mauvais cependant cette facilité à s'endetter s'illustre dans la hausse continue et vertigineuse de la dette privée aux Etats-Unis, des dépenses publiques, avec leurs corollaires : les bulles et la crise financière.

L'article est beaucoup plus convaincant sur Kissinger, qu'Apollon connaît vraisemblablement beaucoup mieux.
Dernière édition par Batty le 21 Mai 2010, 21:22, édité 1 fois au total.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Ash sur 09 Fév 2010, 21:10

Friedman était d'avis que les vannes monétaires insuffisamment ouvertes étaient responsables de la grande dépression des années 30. A rebours de Keynes, sa grande idée était que le contrôle des taux d'intérêt et de la masse monétaire suffit à la puissance publique pour éviter ou sortir des crises. En simplifiant, Friedman propose de remplacer la dépense et les déficits à la Keynes par la baisse des taux d'intérêt à la Greenspan.

Si on avait cette discussion sur lib.org je me ferais un plaisir de rappeler que sur le sujet c'est très exactement la critique de Zemmour *, le républicano-jacobin supposé ne rien pouvoir comprendre à l'économie. Sauf que pour le coup ce n'est pas lui qui est aveuglé par l'idéologie.

* On se fait le spécialiste des auteurs que l'on peut :lol:
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar melodius sur 09 Fév 2010, 22:53

Je trouve pour ma part l'admiration béate d'Apollon pour Kissinger absolument incompréhensible. Kissinger est non seulement responsable de certaines des pires bévues américaines, ce qu'à la limite on peut comprendre puisqu'il ne bénéficiait pas à l'époque du bénéfice du recul historique*, mais il est également totalement à côté de la plaque lorsqu'il s'agit d'analyser le passé. La remarque kissingérienne sur le régime du Shah est à ces égards bien plus illustrative que ne le pense sans doute notre ami.

* Encore que, comme Apollon a du reste l'honnêteté de relever, le soutien aux Khmers rouges...
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Batty sur 10 Fév 2010, 00:28

Au sujet de Kissinger, qu'Apollon oppose un peu trop vite aux néoconservateurs à mon goût, je ne résiste pas à lier un article de Philip Giraldi, ancien de la CIA et conseiller de Ron Paul, qui avait déclenché une petite passe d'armes entre notre dieu grec favori et votre serviteur :

"Henry Kissinger: Realist, or Neocon?"

http://www.antiwar.com/orig/giraldi.php?articleid=11586

Selon Giraldi, il n'y a pas tant de différence que cela entre les néoconservateurs et Kissinger qui, tout en se prétendant réaliste, a toujours soutenu Israël et adopté plusieurs concepts typiquement néoconservateurs, comme le danger de l'islamofascisme. Lors des dernières années du second mandat Bush, Kissinger aurait rendu visite plusieurs fois au vice-président Cheney et serait derrière certains revirements de la politique américaine à ce moment, notamment la constitution d'une résistance arabe à la montée de l'Iran.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Taranne sur 10 Fév 2010, 00:51

Ash a écrit:Si on avait cette discussion sur lib.org je me ferais un plaisir de rappeler que sur le sujet c'est très exactement la critique de Zemmour *, le républicano-jacobin supposé ne rien pouvoir comprendre à l'économie. Sauf que pour le coup ce n'est pas lui qui est aveuglé par l'idéologie.


Disons plutôt qu'il n'est pas aveuglé par la même idéologie que Friedman. Pour le reste, faut-il comprendre que les ex-libertariens de ce forum sont désormais keynésiens, ou alors se réclament d'une troisième voie (question sincère, sans ironie, je précise)?
Il faut que la vérité soit dite et connue de tous: François Cluzet joue comme un pied.

Plus on voit ce que l'on voit, plus on a de raison de penser ce que l'on pense.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Cathostrophiste sur 10 Fév 2010, 01:11

Taranne a écrit:
Ash a écrit:Si on avait cette discussion sur lib.org je me ferais un plaisir de rappeler que sur le sujet c'est très exactement la critique de Zemmour *, le républicano-jacobin supposé ne rien pouvoir comprendre à l'économie. Sauf que pour le coup ce n'est pas lui qui est aveuglé par l'idéologie.


Disons plutôt qu'il n'est pas aveuglé par la même idéologie que Friedman. Pour le reste, faut-il comprendre que les ex-libertariens de ce forum sont désormais keynésiens, ou alors se réclament d'une troisième voie (question sincère, sans ironie, je précise)?


Pour ce qui me concerne : ni keynésien ni friedmanien, les deux faces de la même médaille économiste. Fort heureusement, le monde a tourné avant l'avènement de ces théories, et il continuera de tourner après leur dépérissement.
La politique systématique moderne, qu'elle soit libérale, conservatrice, radicale ou socialiste, doit être rejetée d'un point de vue qui fait réellement allégeance à la tradition des vertus, car la politique moderne elle-même exprime sous ses formes institutionnelles un rejet systématique de cette tradition. (Alasdair McIntyre)
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Batty sur 10 Fév 2010, 01:51

Taranne a écrit:
Ash a écrit:Si on avait cette discussion sur lib.org je me ferais un plaisir de rappeler que sur le sujet c'est très exactement la critique de Zemmour *, le républicano-jacobin supposé ne rien pouvoir comprendre à l'économie. Sauf que pour le coup ce n'est pas lui qui est aveuglé par l'idéologie.


Disons plutôt qu'il n'est pas aveuglé par la même idéologie que Friedman. Pour le reste, faut-il comprendre que les ex-libertariens de ce forum sont désormais keynésiens, ou alors se réclament d'une troisième voie (question sincère, sans ironie, je précise)?

Imaginer une troisième voie entre Keynes et Friedman signifierait que ce sont deux pôles de la théorie économique. Une telle opposition entre Keynes et Friedman me semble bien futile, dans la mesure où tous les deux convergeaient sur un objectif essentiel : donner à l'état les moyens de sortir l'économie des crises. Sachant que, de mes faibles et lointaines connaissances de gestion, j'ai le souvenir que le taux d'intérêt permet d'étaler une dépense dans le temps, les moyens proposés par Keynes et Friedman me paraissent quasiment identiques. Sur ce point, j'écrirais presque que Keynes et Friedman étaient en quelque sorte les Dupont et Dupond de la relance, comptant pour le premier, à crédit pour le second.

Je ne crois plus guère aux grandes théories économiques, qui selon moi ne peuvent s'appliquer qu'à des échelles statistiques dépassant de très loin ma capacité d'appréhension. Cependant, j'ai encore du mal à me départir de mon appréciation pour la théorie autrichienne, par exemple la critique par Rothbard de la connivence entre les grandes banques et les états, qui m'épate encore rien que d'y penser. Je regarde défiler les milliards de dettes tel une vache qui regarde passer un TGV et tout cela ne me dit rien qui vaille.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Ash sur 10 Fév 2010, 04:48

Taranne a écrit:
Ash a écrit:Si on avait cette discussion sur lib.org je me ferais un plaisir de rappeler que sur le sujet c'est très exactement la critique de Zemmour *, le républicano-jacobin supposé ne rien pouvoir comprendre à l'économie. Sauf que pour le coup ce n'est pas lui qui est aveuglé par l'idéologie.


Disons plutôt qu'il n'est pas aveuglé par la même idéologie que Friedman. Pour le reste, faut-il comprendre que les ex-libertariens de ce forum sont désormais keynésiens, ou alors se réclament d'une troisième voie (question sincère, sans ironie, je précise)?

En tant qu'ex-libertarien, je crois toujours en Von Mises :lol:
Découragés par la vie chère et dévalorisés par la pilule, la vertu et la fidélité ne se rencontrent plus que chez les transfuges du trottoir. Ces femmes là n'ambitionnent plus qu'une seule position sociale, ayant épuisé toutes les autres. Marie-toi, tu ne seras jamais cocu !
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar melodius sur 10 Fév 2010, 08:13

Je suis toujours pour ma part économiquement "autrichien", même si je n'en fais pas un article de foi.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Cathostrophiste sur 10 Fév 2010, 08:44

Ash a écrit:
Taranne a écrit:
Ash a écrit:Si on avait cette discussion sur lib.org je me ferais un plaisir de rappeler que sur le sujet c'est très exactement la critique de Zemmour *, le républicano-jacobin supposé ne rien pouvoir comprendre à l'économie. Sauf que pour le coup ce n'est pas lui qui est aveuglé par l'idéologie.


Disons plutôt qu'il n'est pas aveuglé par la même idéologie que Friedman. Pour le reste, faut-il comprendre que les ex-libertariens de ce forum sont désormais keynésiens, ou alors se réclament d'une troisième voie (question sincère, sans ironie, je précise)?

En tant qu'ex-libertarien, je crois toujours en Von Mises :lol:


Si tu n'écris pas le prénom et ne fais pas précéder son nom d'un titre ou d'un "monsieur", "Mises" suffit. ;)
La politique systématique moderne, qu'elle soit libérale, conservatrice, radicale ou socialiste, doit être rejetée d'un point de vue qui fait réellement allégeance à la tradition des vertus, car la politique moderne elle-même exprime sous ses formes institutionnelles un rejet systématique de cette tradition. (Alasdair McIntyre)
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Cathostrophiste sur 10 Fév 2010, 08:46

Batty a écrit:
Imaginer une troisième voie entre Keynes et Friedman signifierait que ce sont deux pôles de la théorie économique. Une telle opposition entre Keynes et Friedman me semble bien futile, dans la mesure où tous les deux convergeaient sur un objectif essentiel : donner à l'état les moyens de sortir l'économie des crises. Sachant que, de mes faibles et lointaines connaissances de gestion, j'ai le souvenir que le taux d'intérêt permet d'étaler une dépense dans le temps, les moyens proposés par Keynes et Friedman me paraissent quasiment identiques. Sur ce point, j'écrirais presque que Keynes et Friedman étaient en quelque sorte les Dupont et Dupond de la relance, comptant pour le premier, à crédit pour le second.


Je rejoins ton analyse. La macroéconomie s'apparente souvent à une illusion techniciste.
La politique systématique moderne, qu'elle soit libérale, conservatrice, radicale ou socialiste, doit être rejetée d'un point de vue qui fait réellement allégeance à la tradition des vertus, car la politique moderne elle-même exprime sous ses formes institutionnelles un rejet systématique de cette tradition. (Alasdair McIntyre)
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Harald sur 10 Fév 2010, 09:02

Cathostrophiste a écrit:Si tu n'écris pas le prénom et ne fais pas précéder son nom d'un titre ou d'un "monsieur", "Mises" suffit. ;)

Et puis le von ne prend pas de majuscule, ce n'est qu'une particule, même pas élémentaire.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Ash sur 10 Fév 2010, 15:16

Comme en français, donc. Mais voilà j'aime bien le "Von", ça en jette ! :D
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Apollon sur 11 Fév 2010, 02:22

Batty a écrit:Je partage l'avis de Cathostrophiste sur l'illusionisme de Friedman et j'en profite pour relever une petite erreur d'Apollon : c'est Friedman qui conseilla à Nixon de couper les derniers liens entre le dollar et l'or, comme le relate son ami George Shultz :

http://online.wsj.com/public/article/SB ... in_tff_top

George Shultz, a longtime friend of Mr. Friedman who served in both the Nixon and Reagan administrations, says that after Mr. Nixon was elected in 1968 but before he took office, Mr. Friedman wrote to him saying that "pressures on the tie of the dollar to gold are relentless" and that Mr. Nixon would be wise to sever the link immediately as an affirmative action, rather than be forced to. Mr. Friedman "turned out to be right," but Nixon didn't listen "until he was forced to," Mr. Schultz says.


Cet assaut de Friedman contre l'étalon-or s'explique par son regret que les Etats-Unis ne puissent pas se permettre une politique monétaire accommodante, emprunter à leur aise ou baisser les impôts. Friedman était d'avis que les vannes monétaires insuffisamment ouvertes étaient responsables de la grande dépression des années 30. A rebours de Keynes, sa grande idée était que le contrôle des taux d'intérêt et de la masse monétaire suffit à la puissance publique pour éviter ou sortir des crises. En simplifiant, Friedman propose de remplacer la dépense et les déficits à la Keynes par la baisse des taux d'intérêt à la Greenspan.

Avec cette idée-force, Friedman a également influencé la politique économique de Reagan, qui était encore plus sensible à ses idées que Nixon. Le résultat est connu: déficits publics, baisse des impôts, croissance dopée aux produits financiers, dérèglementation... Certains de ces résultats, je pense en particulier au dernier cité, ne sont pas mauvais cependant cette facilité à s'endetter s'illustre dans la hausse continue et vertigineuse de la dette privée aux Etats-Unis, des dépenses publiques, avec leurs corrolaires : les bulles et la crise financière.

L'article est beaucoup plus convaincant sur Kissinger, qu'Apollon connaît vraisemblablement beaucoup mieux.

Merci pour ta correction, j'ai commis une erreur. Néanmoins d'après ce passage, il apparait simplement que Friedman a conseillé non pas tant d'abolir l'étalon-or mais la modalité d'une abolition qui devenait nécessaire : agir de façon délibérée plutôt qu'attendre le moment d'être forcé.

Je ne suis pas d'accord sur ton équivalence Keynes/Friedman. Les prescriptions de Friedman sont beaucoup plus hostiles à l'intervention de l'Etat, car l'action de celui-ci se paie en inflation. Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Que Reagan ait eu une politique inflationniste montrerait plutôt que Friedman n'avait pas tant que ça d'influence et que d'autres idéaux guidaient le président US, à commencer par la défaite du communisme.

melodius a écrit:Je trouve pour ma part l'admiration béate d'Apollon pour Kissinger absolument incompréhensible. Kissinger est non seulement responsable de certaines des pires bévues américaines, ce qu'à la limite on peut comprendre puisqu'il ne bénéficiait pas à l'époque du bénéfice du recul historique*, mais il est également totalement à côté de la plaque lorsqu'il s'agit d'analyser le passé. La remarque kissingérienne sur le régime du Shah est à ces égards bien plus illustrative que ne le pense sans doute notre ami.

* Encore que, comme Apollon a du reste l'honnêteté de relever, le soutien aux Khmers rouges...

Concernant cette histoire de shah, je dois préciser que Kissinger critique ici l'idéalisme intransigeant, la croyance dans le caractère naturel en la démocratie libérale.

Les démocrates voulurent la peau du shah. Ils supposaient qu'un régime plus conforme à leurs espérances prendrait la place du shah. Ils ont réussi à renverser le régime. Ils ont eu la révolution islamique. Lire à ce sujet l'édifiant - involontairement - Persépolis de Mariane Satrapi.

Kissinger se contente de remarquer qu'au vu du résultat, le but et les moyens n'étaient pas en péréquation.

Batty a écrit:Au sujet de Kissinger, qu'Apollon oppose un peu trop vite aux néoconservateurs à mon goût, je ne résiste pas à lier un article de Philip Giraldi, ancien de la CIA et conseiller de Ron Paul, qui avait déclenché une petite passe d'armes entre notre dieu grec favori et votre serviteur :

"Henry Kissinger: Realist, or Neocon?"

http://www.antiwar.com/orig/giraldi.php?articleid=11586

Selon Giraldi, il n'y a pas tant de différence que cela entre les néoconservateurs et Kissinger qui, tout en se prétendant réaliste, a toujours soutenu Israël et adopté plusieurs concepts typiquement néoconservateurs, comme le danger de l'islamofascisme. Lors des dernières années du second mandat Bush, Kissinger aurait rendu visite plusieurs fois au vice-président Cheney et serait derrière certains revirements de la politique américaine à ce moment, notamment la constitution d'une résistance arabe à la montée de l'Iran.

J'ai effectivement déjà écrit tout le mal de ce que je pense de cet article. En repassant dessus rapidement, je vois que l'accusation de reprise par Kissinger du thème de l"'islamofascisme" est artificielle et montre que l'auteur ne comprend pas la doctrine de celui qu'il dénonce (ce que révèle aussi entre autre l'affirmation d'un rapprochement de HK et des néocons, ou la croyance que HK agirait en douce pour Israel). C'est loin d'être les seuls vices rédhibitoires de cet article.
Religion, moralité, législation, économie, politique, administration, tout ceci semble être devenu un bien commun et accessible à n'importe qui. La science apparait intuitive, l'expérience n'a pas de valeur pour le présomptueux ; la foi ne signifie rien pour lui... les lois n'ont pas de valeur pour lui ... La puissance réside en lui-même... Cela qui était approprié pour un âge de faiblesse n'est plus adéquat à celui de la raison... [Ceci] tend vers un ordre des choses qui [atomise] la société. Metternich
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Mingus sur 11 Fév 2010, 16:23

Toujours libertarien en économie pour mart, qui me semble la meilleure partie de leur programme, s'il fallait en conserver une. En revanche je suis revenu de l'apriorisme autrichien, cette resucée économique de Kant. Pour employer un mot qu'affectionne Apollon, la praxéologie manque singulièrement de réalisme.
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Re: les anglo-saxons et la liberté

Messagepar Batty sur 11 Fév 2010, 21:47

Apollon a écrit: Merci pour ta correction, j'ai commis une erreur. Néanmoins d'après ce passage, il apparait simplement que Friedman a conseillé non pas tant d'abolir l'étalon-or mais la modalité d'une abolition qui devenait nécessaire : agir de façon délibérée plutôt qu'attendre le moment d'être forcé.

Oui, enfin l'opposition de Friedman à l'étalon-or était plus ancienne. J'ai retrouvé cet article, entre autres :

http://joecobb.com/real-and-pseudo-gold-standards/

Et c'est d'ailleurs évident puisque Friedman considérait qu'il fallait ouvrir en grand les vannes monétaires en cas de crise.

Je ne suis pas d'accord sur ton équivalence Keynes/Friedman.

Ca tombe bien vu que je ne me souviens pas avoir écrit quelque chose qui ressemble à cela. Evidemment Keynes et Friedman étaient complètement opposés sur certains sujets mais, si l'on s'en tient à l'essentiel de leurs contributions respectives à la politique économique, force est de constater qu'il s'agit, dans un cas comme dans l'autre, de donner les moyens à l'état de relancer l'économie pour sortir de la crise. A part au Chili peut-être, on ne peut pas dire que Friedman ait eu une influence décisive en matière de libéralisation. Pas sur Nixon en tout cas. Sur Reagan, c'est plus discutable mais, comme tu le sais, je pense que Reagan était un bon acteur libéral et que la réussite de sa politique tient plus aux déficits et aux finances qu'à son libéralisme.

Les prescriptions de Friedman sont beaucoup plus hostiles à l'intervention de l'Etat, car l'action de celui-ci se paie en inflation. Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Que Reagan ait eu une politique inflationniste montrerait plutôt que Friedman n'avait pas tant que ça d'influence et que d'autres idéaux guidaient le président US, à commencer par la défaite du communisme.

Je ne me souviens pas que Reagan ait eu une politique inflationniste, à moins que tu appelles ainsi la propension au déficit et à l'augmentation des dépenses. En fait, Paul Volcker éradiqua l'inflation et Reagan le confirma à la Fed en 1983.

Concernant cette histoire de shah, je dois préciser que Kissinger critique ici l'idéalisme intransigeant, la croyance dans le caractère naturel en la démocratie libérale.

Les démocrates voulurent la peau du shah. Ils supposaient qu'un régime plus conforme à leurs espérances prendrait la place du shah. Ils ont réussi à renverser le régime. Ils ont eu la révolution islamique. Lire à ce sujet l'édifiant - involontairement - Persépolis de Mariane Satrapi. [...]

Si j'étais de mauvaise foi, je dirais que tu vas trop loin en faisant des démocrates les artisans de la chute du Shah. Car s'il est vrai que le régime du Shah ne tenait plus qu'au soutien américain, les démocrates se sont contentés de couper les perfusions. Je vois dans ta position une certaine intoxication par la propagande républicaine, qui a fait de Carter sa tête de Turc.

J'ai effectivement déjà écrit tout le mal de ce que je pense de cet article. En repassant dessus rapidement, je vois que l'accusation de reprise par Kissinger du thème de l"'islamofascisme" est artificielle et montre que l'auteur ne comprend pas la doctrine de celui qu'il dénonce (ce que révèle aussi entre autre l'affirmation d'un rapprochement de HK et des néocons, ou la croyance que HK agirait en douce pour Israel). C'est loin d'être les seuls vices rédhibitoires de cet article.

Pas surprenant que tu aies mal compris cet article, si tu as mal compris le mien. Giraldi ne dit nullement que Kissinger "reprend" les thèmes néo-conservateurs. Il démontre que les intérêts et les concepts de Kissinger sont proches de ceux des néo-conservateurs et que cette convergence les a conduits à s'entendre, dans le bureau de Dick Cheney. Il faut pour cela admettre que Cheney est un néo-conservateur, alors qu'il fut conservateur dès le début de sa carrière. Cela me paraît une extension de langage raisonnable.
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